mercredi 22 août 2012

LECTURE : Recherches de fuite de Martine Roffinella


Recherches de fuite est un recueil de sept nouvelles publiées en 2009 aux éditions Jean Paul Bayol, neuvième livre, est-il précisé en quatrième de couverture, de Martine Roffinella. 



Le chiffre 7 n'est probablement pas fortuit. J'imagine qu'il correspondrait aux jours d'une semaine, se rapporterait ainsi au quotidien et à la marche monotone du temps, car ces nouvelles sont des parcelles de vie tel qu'on pourrait les observer, les entendre en collant son oreille au mur de ses voisins. 
"Parcelles de vie" est encore un terme trop vaste, ce sont d'infimes lamelles, coupées au scalpel : tout commence bien souvent par un détail, un élément très anecdotique qui resterait tel s'il ne se trouvait enchaîné à d'autres événements, aux réflexions d'un personnage, s'il n'entrait pas en collusion avec d'autres facteurs qui gonflent alors le propos et construisent une trame dramatique. 
Une ride, quelques grammes de trop, un lézard entraperçu ou imaginé, une boutade... Ces nouvelles ont toutes un petit grain de poussière qui fait dérailler le roulement mécanique des jours. Plus les personnages s'enferment dans un univers de quelques pas autour de leur rue, dans une portion délimitée de Montmartre, plus ils s'enferment dans leurs habitudes, leurs manies – qu'il s'agisse de l'expression française irréprochable ou de petites gourmandises achetées chez tel commerçant – et plus ces personnages se trouvent entraînés, à la déroute, quand cède un repère familier.
Une écriture minutieuse et une lecture divertissante.

Le recueil est constitué des nouvelles (nommées « Histoires ») suivantes :
Histoire 1: Garanti trente ans
Histoire 2 : Recherches de fuite
Histoire 3 : Les petites joies
Histoire 4 : Lola
Histoire 5 : Héritage sous vidéo
Histoire 6 : Ça sera toi
Histoire 7 : Pas encore mort ?

mardi 21 août 2012

LECTURE : Éloge de la faiblesse d'Alexandre Jollien


Livre à mi-chemin entre le témoignage et la réflexion, Éloge de la faiblesse a d'abord été publié aux éditions du Cerf et se trouve actuellement aux éditions Marabout à un prix léger.  Le livre a obtenu le Prix Mottart et le prix Montyon de l’Académie Française.

Le contenu oscille entre cette légèreté (écrit de moins de cent pages, sous forme de dialogue, propos qui ne font qu'effleurer certaines problématiques) et une relative gravité (le personnage de Socrate est l'accoucheur des consciences et ne laisse pas le personnage d'Alexandre se contenter d'un propos trop évasif, gravité d'une situation racontée : le handicap au milieu d'autres enfants du « Centre », qu'ils soient eux-mêmes handicapés, qu'il s'agisse d'éducateurs ou de camarades de classe lorsqu'Alexandre reprend une scolarité classique.)



Je retiens de ce livre l'idée et la force d'une amitié spontanée entre des enfants de handicaps divers.
Une fois, il me lança, de sa voix éteinte, dans un effort surhumain un « Çaa bva ? »

La pensée que Jérôme, paralysé au fond de son lit, s'inquiétait de mes infimes soucis me bouleverse encore aujourd'hui. (p. 38)
C'est un des plus beaux passages du livre...

Les thèmes de l'amitié, de la différence, du normal et de l'anormal sont évoqués, mais quelle idée en retient-on ? J'ai l'impression d'avoir survolé le livre, de ne m'être jamais arrêté. Le personnage de Socrate oriente le lecteur vers une attente de développements réflexifs plus intenses qu'ils ne le sont. Il vaut mieux prendre ce livre dès le départ pour le témoignage d'une vie particulière, avec des questions posées sur le travail d'un éducateur, sur son rôle face à un enfant handicapé, sur la nécessaire adaptation de chacun à son environnement.  

mercredi 1 août 2012

PUBLICATION : lot d'e-books érotiques de la collection e-ros

Parmi les livres numériques du "pack découverte Sans-Nichon" proposé par la collection e-ros des éditions Dominique Leroy figure la nouvelle que j'ai écrite, Le Candauliste


Le titre se trouve associé à cinq autres e-books (ainsi qu'à un livre-audio) du 10 août au 30 août dans ce pack découverte à prix réduit, à télécharger sur http://dominiqueleroy.izibookstore.com/produit/137/


dimanche 29 juillet 2012

PUBLICATION : La Mère Michel, nouvelle érotique

J'ai le plaisir de vous informer que la nouvelle La Mère Michel figurera dans un recueil de cinq nouvelles érotiques intitulé Entre ses cordes, livre numérique à paraître en octobre 2012 aux éditions Dominique Leroy, dans la collection e-ros D/s.

Ce court texte sera en compagnie des nouvelles de Christophe Collins, de Martine Roffinella, de Miss Kat et d'Ysalis K.S.


dimanche 1 juillet 2012

LECTURE : Le Principe anarchiste de Kropotkine


De passage sur la librairie Bookeen  (lire « bouquine »!), j'ai téléchargé quelques e-books gratuits en format ePub. Parmi ceux-ci, un texte de Kropotkine, Le Principe anarchiste, par les éditions de Londres (également disponible en format pdf). 
Une très jeune maison d'édition numérique qui se présente dans un style fleuri sur ce site http://editionsdelondres.com/ 
Après une édition de textes libres de droit, cette maison d'édition entend publier de nouveaux auteurs : de prochaines publications à suivre...

Page de Le Principe anarchiste
http://editionsdelondres.com/Le-principe-anarchiste

Un livre numérique très court, assorti d'une préface de la maison d'édition où figurent de nombreux liens hypertextuels (vers les éditions de Londes bien entendu) et d'une présentation de l'auteur réalisée par cette même maison d'édition, d'où la partialité des propos.

Délaissant en effet la vie de Kropotkine, les éditions de Londres, parlant d'elles-mêmes à la troisième personne, en viennent à l'anarcho-communisme avec cette métaphore :
« L’anarcho-communisme c’est pour certains l’anarchisme, pour d’autres, tels que les Editions de Londres, c’est une branche de l’anarchisme dont la juxtaposition au communisme alourdit tellement la branche qu’elle plie, se casse, et s’effondre dans un bruit de bois vert et mouillé. Il faut tout de même reconnaître que l’anarcho-communisme, cela ne sonne pas bien. »
Métaphore elle-même suivie d'une comparaison avec d'autres termes créés avec des mots antithétiques.
Une erreur syntaxique relevée dans cet avant-propos : pallier est en effet un verbe transitif direct.

Je passe sur l'introduction. L'essentiel étant le texte-même, « Le Principe anarchiste ».
Article publié en 1913 dans le journal Les Temps nouveaux, ce texte porte les marques du discours comme l'adresse au lecteur/auditeur : « Regardez autour de vous » ou des répétitions anaphoriques « Il (c'est à dire l'anarchiste) a à soutenir / il a à déjouer / il a à trouver, à deviner »). 
Un texte très court pour affirmer que l'anarchie est une philosophie, avec pour principe la liberté, face à toute forme de coercition. L'anarchie est seule face à tous.

Le passage le plus remarquable à mon avis :
« C’est que contre tous ces partis, les anarchistes sont seuls à défendre en son entier le principe de la liberté. Tous les autres se targuent de rendre l’humanité heureuse en changeant, ou en adoucissant la forme du fouet. S’ils crient « à bas la corde de chanvre du gibet », c’est pour la remplacer par le cordon de soie, appliqué sur le dos. Sans fouet, sans coercition, d’une sorte ou d’une autre, - sans le fouet du salaire ou de la faim, sans celui du juge ou du gendarme, sans celui de la punition sous une forme ou sur une autre, - ils ne peuvent concevoir la société. Seuls, nous osons affirmer que punition, gendarme, juge, faim et salaire n’ont jamais été, et ne seront jamais un élément de progrès ; et que sous un régime qui reconnaît ces instruments de coercition, si progrès il y a, le progrès est acquis contre ces instruments, et non pas par eux.
Voilà la lutte que nous engageons. Et quel jeune cœur honnête ne battra-t-il pas à l’idée que lui aussi peut venir prendre part à cette lutte, et revendiquer contre toutes les minorités d’oppresseurs la plus belle part de l’homme, celle qui a fait tous les progrès qui nous entourent et qui, malgré cela, pour cela même fut toujours foulée aux pieds ! »

Une prose portée par la force de conviction d'un homme.

lundi 25 juin 2012

LECTURE : L'Amante religieuse ou La Bête à Bondieu d'Edmonde Vergnes-Permingeat


Un groupe facebook de « livres voyageurs » vient de me permettre de découvrir un roman que je n'aurais très probablement jamais lu sans ce biais. C'est un des intérêts majeurs de ce groupe : permettre de découvrir des livres divers, peu ou pas médiatisés, car somme toute, que lisons-nous en-dehors de ces livres en tête de vente, affichés comme tels en librairie, évoqués par des magazines grand public ? Faire voyager les livres, les passer de main en main ou plutôt de lettre en lettre, car les services de la poste sont nécessaires à tous ces voyages, est tout à fait louable, et je loue cette idée et sa réalisation : je viens en effet d'avaler plus de quatre cents pages avec ce roman d'Edmonde Vergnes-Permingeat et j'en redemanderais volontiers tant cette lecture a été plaisante.



Une couverture très colorée, avec une illustration de Jean-Claude Mornard, et un titre intriguant m'ont attiré vers ce « roman humoristique », puisque L'Amante religieuse est ainsi désigné en première de couverture. 
Pour être humoristique, il l'est ! Les situations drolatiques s'enchaînent, les « bons mots » de Joseph et de son ami Doudou aussi, la bêtise des uns et des autres, Séraphine et sa sainte mère en tête, nous font rire aux éclats. 
Le rire, mais aussi l'ensemble de la comédie humaine : la duplicité des êtres qui sous couvert de religion s'adonnent aux pires bassesses, aux pires méchancetés, à des crimes, tout en justifiant leurs faits par une citation biblique fait froid dans le dos. Derrière de mielleuses paroles, l'hypocrisie est dévoilée par des apartés. Tartuffe n'est pas loin, les citations le prouvent, la théâtralisation des scènes également avec dialogues prononcés et réparties tues que l'auteur se plaît à nous transcrire en italique.
L'Amante religieuse ou La Bête à Bondieu est un roman d'Edmonde Vergnes-Permingeat que l'on peut trouver en vente sur cette page : http://www.thebookedition.com/edmonde-vergnes-permingeat-l-amante-religieuse-p-45131.html (où vous pourrez par ailleurs lire la quatrième de couverture). 

L'Amante religieuse est une lecture très agréable, on a peine à lâcher le livre une fois cette lecture commencée et je recommande volontiers ce roman !

vendredi 22 juin 2012

LECTURE : Pourquoi je n'aime pas Noël de Vincnet B et de Thomas Galley



Publication de décembre 2011 de la maison d'édition pure player Édicool qui possède sa propre librairie en ligne edicool-storePourquoi je n'aime pas Noël existe en trois formats numériques : pdf, epub, mobi. Deux textes, Le déconte de Nawel (de Vincnet B) et Parcours (de Thomas Galley) ainsi que des illustrations de Jeff Rolland, qui déconstruisent l'expression-cliché « magie de Noël ».



Les deux auteurs narrent en effet dans ce court livre les excellentes raisons qu'ils ont de ne pas aimer cette « fête ».

Vincnet B évoque une enfance difficile, l'argent en manque, les crises d'une famille : à deux ans, on ne se rend pas compte de la portée de ses mots et, lorsque ses deux frères dessinent un sexe aux anges accrochés dans le sapin, le narrateur reprend bouche en cœur le mot « bite ». C'est l'apocalypse ! Le précaire équilibre familial en est bousculé, à tel point que l'on ne s'étonnera pas que les uns et les autres prennent une autruche pour une dinde... Que le Père Noël soit si rouge ne peut que rappeler de mauvais souvenirs !

Thomas Galley procède quant à lui par petites touches énigmatiques. On entre dans son récit comme par effraction : un homme, une femme, le malaise qui s'installe, répercuté par les objets qui les environnent, le lave-vaisselle qui tourne quasiment à vide, le vertige provoqué par une ligne. La scène finale est écrite au conditionnel : nous ne devrions pas être présent sur les lieux, tout cela ne serait visible que si nous y étions... Une mise à distance du lecteur, poussé à collecter des pièces et à les assembler, qui pourrait déplaire à qui aime les récits sans reliefs. S'il n'en est rien, si le jeu fascinant du dévoilement partiel ne vous rebute pas, la nouvelle vous fera peut-être frissonner.